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	<title>FR | Sébastien Frère</title>
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		<title>DÉMARCHE : Licorne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jessica]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Jul 2022 13:24:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ÉCRITS]]></category>
		<category><![CDATA[FR]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La mémoire et l’imagination sont étranges. Ainsi mon dernier grand format sur bâche* a pris forme d’après le souvenir d’un profond gouffre dans lequel je pêchais enfant. Je voulais y figurer, dans une eau sombre, les reflets des roches, des feuillages et d’abord ceux du ciel. Une fois posés ces reflets célestes ont pris le pas sur le premier projet, l’inondant du miroitement d’une lumière marine contemplée la veille. L’ancienne image s’est vue recouverte, mentalement puis physiquement, par le frais souvenir de la dernière, laissant toutefois transparaître la première composition. <br>Il arrive aussi que, suivant l’inclinaison de l’outil, ou du moment, le dessin mute. Ainsi cette femme se voit pourvue d’une huppe et d’un bec, ou bien ces pierres prennent des rondeurs humaines. <br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des sauts identiques m’amènent dans des registres stylistiques différents, ceci parfois dans une même journée. <br>S’il est une chose qui les unit, c’est la texture. C’est le cas pour les travaux sur toile où les surfaces sont tramées et souvent traitées par des superpositions de glacis mais cela est plus évident encore dans les reports sur papier. Leur impression dépend de la densité de la peinture posée, de la qualité du support et de l’orientation ou de la force du geste. Naissent alors fourmillements, nuages, fonds d’un aspect naturel venant jouer en contrepoint d’un dessin simplifié pour, dans le meilleur des cas, une harmonie définitive. <br>Cette recherche d’une &nbsp;immédiateté me rappelle cette exclamation de Germain Bonel, homme chaleureux et grand peintre d’instinct:&nbsp;<em>Ah… ! Faire d’un coup, d’une pochade, une œuvre réussie&nbsp;!&nbsp;</em> <br>Me revient aussi le titre d’un texte que le poète Max Rouquette a écrit pour la présentation d’une exposition de son ami Henri Frère, soit <em>A mon seul désir</em>. Devise de la Dame à la licorne qu’il m’est agréable de faire mienne.</p>
<p style="text-align: right;"><strong><em>Sorède, juillet 2022</em></strong></p>
<p>*<em>Le grand Plouff</em>, 2022, 250&#215;320 cm.</p>
<p></p>


<figure class="wp-block-image alignfull size-full is-style-default"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="942" height="625" src="https://www.sebastienfrere.fr/wp-content/uploads/2023/02/paysage-plouff.png" alt="Œuvre de la catégorie Toiles, nom « Le grand plouff»" class="wp-image-494" srcset="https://www.sebastienfrere.fr/wp-content/uploads/2023/02/paysage-plouff.png 942w, https://www.sebastienfrere.fr/wp-content/uploads/2023/02/paysage-plouff-480x318.png 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) 942px, 100vw" /><figcaption class="wp-element-caption">Le grand plouff, 2022, technique mixte sur bâche, 250×320 cm</figcaption></figure>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><a href="https://www.sebastienfrere.fr/travaux/toiles/" data-type="URL" data-id="https://www.sebastienfrere.fr/travaux/toiles/">Accéder à la page Toiles</a></p>
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		<title>PORTRAIT : Un très vieux catalpa</title>
		<link>https://www.sebastienfrere.fr/un-tres-vieux-catalpa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jessica]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Jun 2008 14:17:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ÉCRITS]]></category>
		<category><![CDATA[FR]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
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					<description><![CDATA[Un très vieux catalpa, sculpture naturelle aux maigres, longues et fascinantes branches serpentines, a cessé de rafraîchir la petite terrasse du Molí d’en Cassanyes. Il surplombe le bassin formé par la retenue d’un ruisseau né des Albères. Depuis longtemps, le moulin ne tourne plus. La vanne abrite le nid d’un mignon troglodyte. Ce rei menut [&#8230;]]]></description>
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<p>Un très vieux catalpa, sculpture naturelle aux maigres, longues et fascinantes branches serpentines, a cessé de rafraîchir la petite terrasse du Molí d’en Cassanyes. Il surplombe le bassin formé par la retenue d’un ruisseau né des Albères. Depuis longtemps, le moulin ne tourne plus. La vanne abrite le nid d’un mignon troglodyte. Ce rei menut en a fait son royaume. Un sillage dans l’eau glauque trahit une ondulante couleuvre, ivre de soleil, en quête d’une ombre secrète. Le vent affole les branches de deux platanes gigantesques plantés voilà deux cents ans. C’est là que vit et travaille Sébastien Frère.  Lieu riche de mémoire. Être le fils d’Henri Frère, très proche de Maillol, n’est pas innocent. J’imagine les deux sculpteurs déambulant sous les frondaisons, parmi les acanthes, dans ce libre et grand jardin naturel où vaguent des divinités telluriques. Là, peut-être, a germé le désir d’illustrer Virgile. Et la mère de Sébastien assure de sa forte présence la mémoire du poète Joseph Sébastien Pons, son père, dont le petit-fils porte l’un des prénoms. Ici, Sébastien redevient Sebastià. Voilà pour les sources, les pollens, les engrais de l’âme et du corps. L’ancrage est catalan. Les racines donnent à l’arbre ses branchages.</p>
<p>Restait à l’homme, artiste devenu, d’user à bon escient des outils majeurs et complémentaires: le regard et la main. Céramiste d’abord, pendant plus de quinze ans. J’ai connu de ces peintres qui ont mis la main à la glaise. Geste néolithique du découvreur de feu. Ils en ont toujours porté la marque. Sébastien Frère est des leurs. Je vois dans sa peinture les traces du plus vieil artisanat: empreintes, gravures, ciselures, grattages, enduits, couleurs mouvantes. Tout fait signe. Qu’importe de savoir si c’est le regard qui, comment et pourquoi, donne à la main l’ordre des frottis, des éraflures, des gommages et des transparences. Non, ce n’est pas le hasard qui peint, mais un homme dont le chemin est fait d’expériences, et qui invente. La critique n’est pas mon fort. Face à une œuvre, je ne sais que me taire. Pour mieux ressentir, absorber. Formuler l’émotion ou la sensation serait les détruire. Il est vain de revenir à la question périmée: abstrait ou figuratif ? Nous savons, depuis les Fauves et les Cubistes, que le sujet  ne fait pas la peinture. L’œuvre est la seule réalité qui importe, et non la pomme ou la Sainte Victoire. La peinture est son propre sujet.</p>
<p>Encore un mot : Sébastien Frère, céramiste, maître du feu, possède l’art de cuire les nourritures. Ses plats sont des peintures comestibles. Là encore se retrouve, qualité hautement catalane, un savoir-faire incrusté dans la mémoire ancestrale. Il faut de l’œil, du nez, de l’oreille, du goût, et du tour de main. Les cinq sens en action, dans ce pays de toutes les gourmandises où le grand art est de vivre.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Frédéric Jacques Temple</strong><br /><em>Aigues, 2008</em></p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>À propos des transferts, écrit sur leur conception</title>
		<link>https://www.sebastienfrere.fr/a-propos-de-la-conception-des-transferts/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jessica]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jun 2005 13:49:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ÉCRITS]]></category>
		<category><![CDATA[FR]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
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					<description><![CDATA[«&#160;… Une trace peint moins une chose qu’elle n’atteste son passage. Et de ce passage, Sébastien ne retient encore qu’une épure, tendant à réduire la figure à son signe. Dans cet idéogrammatisme fugitif s’opère, déjà, une étonnante érosion des contours; la figure ne pourra plus jamais raconter ni dépeindre, elle sera seulement. A la présence [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;… Une trace peint moins une chose qu’elle n’atteste son passage. Et de ce passage, Sébastien ne retient encore qu’une épure, tendant à réduire la figure à son signe. Dans cet idéogrammatisme fugitif s’opère, déjà, une étonnante érosion des contours; la figure ne pourra plus jamais raconter ni dépeindre, elle sera seulement. A la présence d’une chose se substitue une autre chose, qui est non l’idée ni même le signe de la première mais plutôt sa signature: présence d’une absence. Vinci ne disait-il pas que la peinture est <em>cosa mentale</em><strong>&nbsp;</strong>? De la vie, Sébastien ne garde que les moires…&nbsp;»</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Bernard Combeaud</strong><br />
<em>Transparences, 2005</em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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